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Jeudi 22 Décembre 2011Poster un commentaire
Lundi, le 22 août, Jour 39 : 585.2 km (9 474.9 km) Cette journée allait être très longue, mais ça allait être une journée très spéciale, elle a marqué le début de la plus belle semaine de ce voyage et aussi, le début d’une autre aventure, sans que je le sache… Avant de quitter Whitehorse, on a encore eu à régler quelques formalités. Et la dernière, avant le départ de la ville, était un entretien pour un poste de technicienne en exploration. Ce travail semblait super intéressant et je voulais vraiment l’obtenir. L’entretien s’est bien passé et les gens semblaient plutôt sympathiques, mais évidemment je suis sortie de la avec la promesse habituelle de « on vous rappellera si on a quelque chose pour vous ». Enfin, on s’est mises en route vers LE Nord, le vrai ! De Whitehorse au Klondike Corner, on a parcouru environ 500 km sur le North Klondike Highway, la route qui relie Whitehorse à Dawson City. Les paysages étaient beaux, mais sans plus. Il n’y avait quasiment personne sur la route (assez surprenant, étant donné que c’est la seule route qui relie le nord et le sud du Yukon…) et s’il n’y avait pas eu le « slalom des nids de poule » à faire, la route aurait été bien ennuyeuse ! Au Klondike Corner, qui est la jonction entre le North Klondike Highway et le Dempster Highway, on a fait le plein, et c’était le plein le plus dispendieux de ma vie à 1.63$ le litre ! Je me suis renseignée auprès de la caissière sur l’état du Dempster et elle m’a simplement dit : « Good lcuk ». Encourageant. Et finalement, on est parties sur le célèbre Dempster Highway… Les cinq premiers kilomètres étaient asphaltés, mais ensuite, enfin, on roulait sur la célèbre gravelle, ou plutôt bouette ! Il avait plu et en un rien de temps, Bill était complètement couvert de bouette ! Tout aussi vite, les paysages sont devenus époustouflants !! Les montagnes pointues, la toundra rouge sur leurs flancs et la forêt d’épinettes vert sombre avec un tapis doré de mousses et d’herbacées. Et le ciel ! Il y avait un magnifique contraste de nuages gris et de ciel bleu, un arc-en-ciel et la magnifique lumière dorée du soleil du soir. Nous n’étions pas les seules attirées là par la glorieuse beauté des Ogilvie Mountains, le camping du Tombstone Territorial Park était plein. Pas dans le nord, on oublie les règles bien trop strictes des contrées plus civilisées. Si tous les sites sont occupés, on s’installe là où il y a de la place, comme sur un petit bout de pelouse au bord de la rivière. Du camping on avait une superbe vue sur les montagnes alentours. Le soir, on a fait la connaissance d’une jeune Québécoise qui travaillait comme guide interprète pour le parc. Elle était très sympathique, mais je n’en étais pas moins frustrée par cette rencontre : elle avait le travail pour lequel j’avais postulé et été refusé. Plus tard on est allées dans le petit refuge du camping pour se réchauffer, mais on n’y est pas restées longtemps : la salle était comble de touristes français et allemands, les uns les plus bruyants que les autres !
Jour 40 : 28.0 km (9 502.9 km) Grasse matinée au son de la pluie… Que c’était bon de pouvoir se retourner pendant deux heures dans le confort de mon petit lit chaud et sec pour changer ! Quand on s’est enfin levées, la pluie avait cessé de tomber, pour un certain temps en tout cas. Et aussi tôt levée, je suis partie en courant à travers le camping : à la chasse au site parfait avant que le troupeau d’Allemands (qui n’avaient pas eu de site non plus) ne se lève et n’en trouve un. J’ai trouvé le site parfait avec vue imprenable sur les montagnes, juste avant que les Allemands ne le voient aussi ! An centre d’information, on nous confirme ce que les cieux laissaient augurer : il allait faire mauvais toute la journée. Néanmoins, on s’est mises en route pour la Grizzly Lake Trail, une trail qui longe le Grizzly Creek et une crête de montagnes au sud de la Rockcandy Mountain, et qui aboutit au Grizzly Lake au pied du Mount Monolith, une montagne aussi pointue qu’un croc. Le sentier nous faisait grimper à travers la forêt boréale, telle que je l’aime : des épinettes espacées, de la mousse, des canneberges et du ledum. Et enfin, la forêt s’est éclaircit, jusqu’à ce qu’on ne soit plus qu’entourées de bouleau nain et de petits saules : la toundra ! La vue s’est ouverte vers le sud-est, sur la vallée de la North Klondike River, et quelle vue ! Les montagnes aux crêtes déchirées et aux flancs décorés de toundra rouge, orange, jaune et parsemée d’épinettes vert émeraude. On respirait le calme, la solitude et l’incomparable beauté sauvage du nord. On a grimpé jusqu’au sommet de la montagne d’où la vue plongeait vers l’ouest, dans la magnifique vallée du Grizzly Creek. Bien que les sommets des montagnes entourant la vallée soient voilés par les nuages, la vue est à couper le souffle. Il faisait froid et le vent et la pluie nous fouettaient le visage, mais on restées assises là-haut sur la montagne pendant près d’une heure à admirer cette vue dont on ne pouvait se lasse. C’était un moment parfait… Cet endroit me faisait me sentir tellement vivante ! Malgré le mauvais temps, on a eu beaucoup de mal à résister à la tentation de continuer notre randonnée jusqu’au fond de la vallée, jusqu’au pied de l’imposant Mount Monolith. Mais nous n’étions pas équipées pour marcher hors sentiers pendant plusieurs jours. En redescendant de cet endroit magique, on s’est consolées avec des canneberges et des crowberries qui poussaient un peu partout autour de nous. Le soleil avait fini par montrer le bout de son nez aussi et évidemment, ce n’était pas bien long avant qu’un arc-en-ciel se forme. On a aussi eu la chance de voir une femelle orignal avec son petit avant de retourner au camping. Notre soirée et ensuite été aussi parfaite que la journée : on s’est installées dans la douce lumière dorée du soleil nordique à s’imbiber de la beauté des montagnes environnantes inondées de cette même lumière dorée. Et finalement, un bon gros chocolat chaud autour d’un feu de camp. Que peut-on vouloir de plus ?
Jour 41 : 381.9 km (9 884.8 km) I travelled through the fields of gold under the rainbow… Lorsqu’on s’est levé, on a découvert que de la glace recouvrait la tente, il avait gelé… Mais le soleil de ce matin était rayonnant et faisait apparaître les montagnes de la Tombstone Range dans toute leur splendeur sous le ciel bleu. On a repris le Dempster en direction du nord, mais on n’a pas fait plus de 2 km, quand on s’est déjà arrêté pour prendre des photos de la superbe Tombstone Range. Et c’est à peu près à cette cadence que ce sont déroulées nos deux premières heures de route (ceci explique pourquoi j’avais plus de 1400 photos pour seulement 4 jours). On a traversé les Blackstone Uplands en longeant la Blackstone River et puis, après un certain temps, les montagnes ont changé. Elles étaient grises, la seule végétation étant des épinettes sur leur versant sud. Après le Windy Pass Summit, le Dempster a suivi l’Engineer Creek à travers la « drunken forest » : une forêt d’épinettes penchant dans tous les sens, tout ça à cause du gel et dégel des sols. On a passé Red Creek, un ruisseau rouge de souffre, et les « tors », des tours de roc formées par la glace faisant éclater la montagne. On a pris notre lunch en compagnie d’un orignal qui faisait trempette dans la rivière à l’Elephant Rock pullout. On est ensuite arrivé sur les Eagle Plains, une vaste étendue de taïga, bordée au loin par les North Ogilvie Mountains. Après avoir passé l’Eagle Plains Hotel (seul lieu de ravitaillement depuis le Klondike Corner), les choses ont rapidement changées. À l’est sont apparues les Richardson Mountains et des trouées se formaient dans les gros nuages de pluie pour laisser passer des rais de lumière dorée et faire apparaître des arcs-en-ciel. Et enfin, on est arrivées au Cercle Polaire, ou plutôt à sa marque, au 66°33’N. D’un côté du Cercle Polaire il pleuvait, de l’autre côté non, étrange. On a traversé le petit bout de pluie au nord du Cercle et là, soudain, le ciel était clair et c’était comme si la route nous menait tout droit au paradis… Le ciel était bleu vers le nord et orné de superbes cumulus blancs. Vers l’ouest, le soleil brillait à travers des nuages de toutes les formes et de toutes les couleurs, allant de gris sombre à blanc. Et à l’est un arc-en-ciel se dessinait au-dessus de la toundra dorée. La route serpentait vers le nord, sur les collines ondulantes couvertes de jaunes, oranges et rouges flamboyants dans la lumière dorée du soir. On a vu d’innombrables arcs-en-ciel et on est passé sous certains d’entre eux. Et oui, de l’or nous attendait sous les arcs-en-ciel, le plus bel or que j’ai jamais vu, celui de la toundra, celui de Borée… On était fatiguées et on voulait arriver au camping, mais toute cette beauté, sauvage et austère, qui nous entourait, nous coupait le souffle, nous forçait à nous arrêter pour admirer, ressentir, absorber… et photographier bien sûr ! Des mots ne pourraient décrire toute la beauté de cet endroit et à quel point cet instant était parfait. Voyager à travers ces collines dorées dans le grand nord de mon pays… J’avais la chair de poule, un nœud dans la gorge… Je n’avais jamais vu d’aussi beaux paysages et m’en souviendrai à vie ! Jour 42 : 447.1 km (10 331.9 km) Aussitôt sorties de la vallée boisée où se trouvait notre camping, on a retrouvé la toundra dorée et le ciel était toujours très changeant, très vivant. Bientôt, le Dempster grimpait dans les Richardson Mountains, dont les sommets étaient plongés dans des nuages impénétrables. La frontière entre les Northwest Territories et le Yukon, se trouvait là, dans les nuages. La route nous a amené dans ces nuages, c’était comme si on voyageait dans un monde parallèle, il n’y avait que nous et le petit bout de route sur lequel on se trouvait, tout le reste avait disparu dans un blanc fantomatique. C’était un autre instant absolument magique, dans un monde mystique et spectaculaire… Passé le sommet qui marquait la frontière entre les deux territoires, on est subitement sorties des nuages pour découvrir une vallée aux couleurs flamboyantes dans la lumière matinale, juste devant nous ! Quelques lambeaux de nuages descendant des sommets flottaient au bord de la vallée. Et nous, on était stupéfaites par toute cette beauté… La magie du soir d’avant ne faisait que se poursuivre. Durant toute la matinée, on a continué à traverser la toundra dorée et les arcs-en-ciel étaient partout. Finalement, le Dempster passait une gorge étroite et descendait ensuite vers les terres basses des Peel et McKenzie Rivers. De ce côté des montagnes, la toundra était encore verte et en descendant vers les terres basses on a fini par se retrouver dans la forêt boréale. On s’est rendues jusqu’aux rives de la Peel River. Il n’y avait pas de pont, le seul moyen de traverser était de prendre le petit ferry. Étant donné qu’on ne voulait pas aller bien plus loin, on a laissé Bill là et on a pris le ferry à pied, juste pour faire un aller-retour sur la rivière. Sur la rive du la Peel, des aigles se battaient pour avec des corbeaux pour une proie, tout un spectacle. Le ferry était manœuvré par des Amérindiens du coin et on s’est fait inviter toutes les trois dans la cabine du sympathique capitaine. Il avait beaucoup d’histoires à nous raconter, surtout sur la chasse au caribou, qui est vitale pour son peuple. Un jeune Amérindien était allé chercher sa grand-mère de l’autre côté de la rivière pour la ramener à pique-nique familial qui avait lui sur la rive ouest de la Peel. C’était bon de rencontrer ces gens et de leur parler, de voir qu’il y a des vrais gens qui vivent dans ce Grand Nord et qui vivent une vie tout à fait normale. Ce qui était fascinant aussi, était de voir à quel point les Amérindiens dans ce bout du pays sont beaucoup plus ouverts, prêts à parler aux « blancs », à partager leurs histoires et expériences de vie. Tellement différents des Amérindiens dans l’est qu’il faut connaître depuis un moment pour pouvoir les amener à réellement parler, s’ouvrir à quelqu’un. Après notre tour de ferry, on est retournées sur nos pas (ou traces de pneus), vers le sud-ouest, les montagnes et le Yukon. Et évidemment, on a retrouvé tous les charmes des montagnes : toundra dorée, arcs-en-ciel à n’en plus pouvoir et sommets escarpés, magnifique ! Et cette fois-ci, le Wright Pass, où se trouve la frontière entre le Yukon et les Northwest Territories ne se trouvait plus dans les nuages. Au lieu d’un « white-out » en arrière de chaque panneau de territoire, on avait une superbe vue sur deux vallées dans les deux territoires ! On a retraversé le Cercle Polaire et au Eagle Plains Hotel, on a évidemment, exigé de recevoir des certificats de traversée du Cercle Polaire, avec signature et étampe officielle ! On s’est finalement rendues jusqu’au Engineer Creek Campground, dans les peupliers jaunes embrasés par le soleil du soir.
Jour 43 : 235.6 km (10 587.5 km) Après une nuit de bataille avec mon moustiquaire qui a failli lui couter la vie (réveillez-vous sous un moustiquaire tout autour de vous après avoir fait un cauchemar où vous étiez enfermé dans un cercueil), on a attaqué notre dernière journée sur le Dempster. On a vite retrouvé les Tombstone Mountains et leurs sommets escarpés et dans la Blackstone River se promenaient des chevaux, survolés par un pygargue à tête blanche. Parfait… Et finalement est apparu la fin du Dempster, le Klondike Corner et le North Klondike Highway, enfin bref, l’asphalte et la civilisation. J’étais triste de quitter cette magnifique route, mais heureuse d’aller découvrir le célèbre Dawson City et bien fière de mon Bill qui a tenu le coup tout le long et sans flat !! On s’est arrêtées dans un camping juste avant la ville. On allait découvrir Dawson le lendemain, ce soir-là, on voulait juste se reposer et constater les dégâts : plus de 1 400 photos prises en l’espace de quatre jours. Soit je suis folle, soit c’était vraiment la plus belle route sur laquelle j’ai jamais voyagé!!
Mardi 29 Novembre 2011Poster un commentaire
Jeudi, le 18 août, Jour 35 : 365.5 km (8 313.4 km) Le moment de quitter Atlin et le confort d’une maison était finalement venu. C’était étrange de se dire qu’on allait reprendre la route… On a fait nos adieux à nos charmants hôtes, qu’on n’oubliera pas, c’est certain ! Le beau temps nous a permis de mieux profiter de la superbe route d’Atlin, qui longe le lac et offre une belle vue sur la montagne. On s’est ensuite dirigé vers Carcross sur une très belle route menant à travers les montagnes couvertes de toundra rouge et verte. Carcross est un beau et vieux petit village, bercé entre montagnes, lac et désert. Le village se trouve directement au bord du grand Bennett Lake, avec une belle plage au sable fin et entouré d’impressionnantes montagnes. A Carcross, tout fait penser au Gold Rush aussi… C’est ici que les chercheurs d’or arrivaient, après avoir pris le ferry de San Francisco et avoir accosté à Skagway, AK, et finalement après avoir traversé le célèbre Chilkoot Pass (allez voir sur Google, ça vous mènera à une des images les plus célèbres du Gold Rush). En reprenant la route vers le nord, on s’est arrêtés au Carcross Desert, le plus petit désert au monde. Et oui, qui l’eut cru ? Un désert au nord du 60°N. Ce désert est un souvenir de la dernière glaciation : les dépôts glaciolacustres ont créés ce système de dunes constamment en mouvement. Et je peux vous dire que le vue d’un désert entouré de montagnes couvertes de toundra et de forêt boréale était assez… exotique ! Bref, un petit bout du Yukon très beau et très original. Quoi que, la suite du voyage nous a montré qu’au Yukon, tout est original… Après quelques autres petits arrêts au bord de la route pour voir des lacs ou autres, on est finalement arrivés à Whitehorse. On y est juste resté le temps de faire quelques achats et je dois dire que ma première impression a été mauvaise. J’avais dans l’esprit de passer l’hiver à Whitehorse, mais notre petit arrêt là a suffi à me faire douter de cette décision… Après Whitehorse, on a continué notre route sur le Alaska Highway en direction de l’ouest et de Haines Junction et du célèbre Kluane National Park (c’est là que ce trouve Mt Logan, le sommet le plus élevé du Canada et plus des trois quarts du parc sont couverts de glaciers). La route vers Haines Junction était superbe et lorsqu’enfin on s’en approchait, la St Elias Range (les montagnes du parc) est apparue au loin : de glorieuses montagnes toutes saupoudrées de neige fraîche annonçant l’arrivée prochaine de l’hiver, alors que sur le bord de la route la forêt s’ornait des couleurs changeantes de l’automne. Tout était si beau et sauvage…
Jour 36 : 182.7 km (8 496.1 km) Pour bien commencer cette excursion au pays du Kluane National Park, on est, évidemment, allé au centre d’information du parc. On y a appris bien des choses sur la faune, la flore et la géologie du parc, qui sont assez exceptionnelles. Et on aussi apprit que ce parc est vraiment sauvage. Il n’y a que peu de sentiers de randonnée et pour les vrais randos, il faut partir plusieurs jours hors sentiers. Avant de quitter le centre, on a encore profité du plaisir d’utiliser des toilettes chauffées et avec chasse d’eau, ça faisait si longtemps et croyez-moi, c’est du luxe ! Le Alaska Highway longeait les limites du parc et bien que les nuages étaient bas, on devinait beaucoup les paysages spectaculaires et les montagnes imposantes du parc.ET soudain la vue s’est ouverte sur une vaste étendue d’eau : le Kluane Lake. Ici, on s’est arrêté à un autre centre d’information du parc, le Tachal Dhal, pour se renseigner sur l’état des sentiers. Sur la paroi de la montagne la plus proche on voyait des petits points blancs bouger : c’étaient des Dall Sheep, des animaux assez difficiles à voir il parait. Au centre on nous dit qu’on peut aller faire notre rando, mais qu’on doit être très bruyantes, ça grouille de grizzlis ! On part pour le Sheep Creek Trail : 10 km aller-retour avec 430 m de gain d’altitude et la promesse devoir plus de Dall Sheep arrivées en haut. Très encourageant : au début du sentier se trouvait un panneau commémorant une jeune femme décédée sur ce sentier en 1996, elle s’était fait tuer par un grizzly. Veillant à bien faire du bruit, on s’est mises à grimper à travers la forêt boréale. Ça montait bien et on sentait qu’on avait passé nos dernières semaines assises derrière le volant ! Mais après une heure déjà, nos efforts ont été récompensés par une superbe vue sur la vallée, les montagnes alentours colorées par la toundra et enneigées sur leur sommet et dans le fond de la vallée la pointe du Kaskawulsh Glacier. Et mis à part mes clés qui cognaient sur ma gourde pour chasser les ours, c’était le calme absolu, sauvage et magnifique ! Plus on grimpait, plus la vue devenait belle et le terrain se dégageait, on passait de la forêt à la toundra. Arrivées en haut, on ne voyait pas de Dall Sheep, mais la vue était quand même superbe. Les nuages voilant les sommets et ne laissant qu’entre voir les pentes vertes parsemées de grosses formations rocheuses noires, créaient une atmosphère mystique… De retour dans le fond de la vallée, on a continué notre route vers l’ouest pour trouver un beau site pour faire du camping sauvage. La route serpentait entre les majestueuses montagnes du parc à notre gauche et l’immense lac à notre droite. Et sur le bord de la route, se baladait un énorme grizzly ! Ça nous a dissuadé de faire du camping sauvage et s’est rendues à un camping, pour découvrir que même dans le camping, il était interdit de dormir dans des tentes : le camping était un hot-spot à grizzlis !! On a continué notre route vers l’ouest à la recherche d’un endroit où on pourrait camper sans trop de danger et finalement, à Burwash Landing, on a trouvé un petit camping à côté d’un motel. Il a fait tellement froid ce soir là, qu’on sorti notre équipement d’hiver : foulard, tuque et mitaines ! Dans le motel, on a rencontré un gars qui travaillait en exploration et il avait quelques bonnes histoires à nous raconter. Quand je lui ai dit que je cherchais du travail, il a dit que sa compagnie cherchait du monde en ce moment et que le lendemain matin, je pourrai rencontrer le pdg de la compagnie !
Jour 37 : 379.5 km (8 875.6 km) Il fallait se lever tôt ce matin-là, histoire de rencontrer le pdg avant qu’il ne parte, et c’était pas facile ! On a vite retrouvé le gars auquel on avait parlé le soir d’avant et il nous a dit qu’il avait quelque chose pour nous et qu’on devait le suivre. Il nous a mené derrière le motel, nous a mis une boîte dans les mains et à dit c’est un cadeau pour vous. J’ai pas compris, je pensais que c’était une boîte pleine de brochure sur sa compagnie ou quelque chose comme ça, mais là, il a ouvert la grosse glacière qui se trouvait juste en dessous de la boîte. C’était de la nourriture, plein de nourriture qu’ils nous offraient !!! C’était mieux que Noël, il y avait tellement de bonnes choses dans la boîte et dans la glacière ! Et ça faisait si longtemps qu’on se passait de bien des bonnes choses par manque de budget… C’était de la nourriture qu’ils avaient acheté pour leur travail de terrain et maintenant il restait tout ça, alors ils avaient décidé de nous l’offrir plutôt que de le jeter. Et là, monsieur le pdg est arrivé et il m’a quasiment embauché, là sur place. Mais bon, je devais quand même contacter la personne responsable d’embaucher les gens. Quel début de journée !! Énergisées par cette rencontre et la pensée de tous les délicieux repas qui nous attendaient, on s’est vite remises en route, vers l’est maintenant. On retournait vers Whitehorse. Le ciel s’était enfin éclairci et le bout de route de Destruction Bay à Haines Junction était absolument magnifique !!! Les montagnes sauvages et majestueuses couvertes de rouge, de vert et de blanc, le vaste lac aux eaux turquoises et reflétant ciel et montagnes… Les arrêts photos étaient innombrables. Après Haines Junction, on a pris la route vers le sud, vers Haines, AK, pour profiter encore un peu des beaux paysages de Kluane. Et enfin on s’est remises en route vers Whitehorse. Soudain, on a crues qu’on souffrait toutes les trois d’hallucinations : on voyait comme un rideau de lumière multicolore flotter au-dessus d’une vallée (magique ?) juste à côté de la route. C’était comme un arc-en-ciel, très beau et surtout surréel !
Jour 38 : 14.1 km (8 889.7 km) Petite journée relaxe à Whitehorse. Je me suis mise à la recherche de travail, parce que finalement ce n’était pas si certain que la compagnie d’exploration allait pouvoir m’embaucher. On a découvert la poutine à la yukonaise : frites frisées et fromage râpé, déprimant. Cette journée m’a aussi permis de découvrir un peu mieux Whitehorse et ce n’était pas si terrible que ma première impression m’avait fait croire, mais je n’étais pas encore convaincue. Cette journée tranquille avait du bien et était fort nécessaire, la plus grande aventure, la superbe finale de ce voyage nous attendait pour la semaine suivante !
Dimanche 20 Novembre 2011Poster un commentaire
Samedi, le 13 août, Jour 30 : 418.3 km (7 214.6 km) Cette journée allait être une journée très spéciale, une journée que j’avais attendue depuis bien longtemps… Je me suis levée tôt, me suis habillée rapidement et j’ai embarqué dans mon camion pour me précipiter vers Hyder, AK, laissant mes deux compagnes de voyage au camping de Stewart. Une fois la frontière avec l’Alaska traversée, j’ai fait demi-tour et me suis rendue aux douanes canadiennes… pour devenir résidente permanente du Canada !!!! C’est là, entre les montagnes, les glaciers et le Pacifique, dans ce qui est probablement le point d’entrée le plus petit et insignifiant du Canada que je suis devenue résidente permanente !!! De retour à Stewart, j’ai retrouvé Caroline et Nynke pour reprendre la route vers le nord. La pluie commençait tout juste à tomber, une journée parfaite pour faire de la route ! Le Cassiar Highway nous menait à travers l’interminable forêt du BC et les montagnes vertes voilées par les nuages de pluie. Et tout le long, on voyait des ours noir partout sur le bord de la route. Vers la fin de la journée, le ciel a fini par s’éclaircir pour dévoiler un magnifique paysage de montagnes couvertes de forêt boréale et de toundra. Enfin, le Nord !! Je me sentais déjà plus chez moi et maintenant, je pouvais dire que c’est chez moi, mon pays !!! Sous un magnifique ciel bleu, on s’est installées dans le camping de Dease Lake, au bord du lac. La plage était juste sous notre site. Il n’y avait pas un souffle de vent et le lac s’était transformé en parfait miroir. On s’est installées sur la plage pour relaxer, profiter de la belle vue et moi, il me restait une chose à faire pour rendre cette journée absolument parfaite : jouer du violon là, au bord de ce beau lac dans la forêt boréale !
Jour 31 : 320.1 km (7 534.7 km) La route vers le nord continuait sous la pluie. On a fait un petit arrêt, pour tremper nos pieds dans Boya Lake, le temps d’une éclaircie. Le lac était d’une belle couleur turquoise et l’eau limpide, mais pas assez chaude pour s’y baigner ! La pluie a finie par nous chasser du quai et on a repris la route, qui nous menait encore à travers de superbes paysages où tout semblait encore sauvage. Et enfin, on a passé la frontière du Yukon, la joie !!! On s’est rendues jusqu’à Watson Lake, YT, pour visiter la célèbre Sign Post Forest. Il y avait là plus de 71 000 panneaux de partout dans le monde. Et tout ça a commencé à cause d’un gars qui avait le mal du pays et qui accroché un panneau de sa ville d’origine sur un poteau à Watson Lake. On a passé notre première nuit au Yukon et on a rencontré notre premier Yukonais original. Les bûches pour le feu étaient gratuites dans le camping, mais moi avec ma hachette, j’allais pas bien loin pour les fendre. On faisait tellement pitié que finalement un bûcheron en chandail « Minnie » est venu nous fendre nos bûches. Assises sur le tailgate de Bill devant le feu, on sirotait notre thé de ledum et on songeait aux aventures qui nous attendaient dans le Grand Nord…
Jour 32 : 389.1 km (7 923.8 km) Notre première nuit au Yukon avait été tout ce qu’elle devait être : froide (2°C) !! On a continué vers l’ouest sur l’Alaska Highway et les paysage devenaient spectaculaires ! À Teslin, un petit village au bord du highway, on a visité le George Johnston Museum, pour y découvrir l’histoire des Tlingits, les autochtones de la région, et l’histoire du village. Les Premières Nations ici ont une culture très riche et vivante, bien qu’ici aussi bien des choses ont changées pour les autochtones avec l’arrivée du « progrès » (ici l’Alaska Highway qui a été construit pendant la Deuxième Guerre Mondiale, la première route dans le Yukon). Encore de la route sous la pluie, et puis de la gravelle, de la boue, des nids de poule, des travaux sur la route et enfin on est arrivées à Atlin ! Et oui, c’est bien le petit village du nord du BC dont j’ai beaucoup parlé, avec la maison de mes rêves. J’avais dit que j’allais y aller et voilà, j’y étais enfin ! On a été hébergées par un couple d’Européens, qui ont, il y a longtemps, laissé les ennuis de la civilisation et d’une vie conventionnelle derrière eux. Ils vivent là dans la forêt, entre de superbes montagnes couvertes de glaciers, dans leur belle maison en bois qu’ils ont construite eux-mêmes. Ils sont aussi de grands voyageurs et aventuriers, alors il y avait de quoi raconter ! Ils ont traversé des glaciers, été mushers, ont fait le tour de l’Islande à vélo, sont descendus sur la Yukon River en canot jusqu’au détroit de Bering plusieurs fois, et ont vécu encore bien d’autres choses ! Ça fait rêver !
Jour 33 : 24.1 km (7 947.9 km) Passer une nuit bien au chaud et au sec dans un lit, c’était étrange, mais ça a fait du bien ! On est allé visiter le petit village d’Atlin au bord du lac du même nom. Le village était constitué de vieilles maisons en bois colorées et originales, dispersées le long des rues. Il n’y avait que peu de monde et peu de maisons qui restaient, mais le village couvrait une grande superficie. Il était évident que c’était un village du Gold Rush qui avait connu une belle époque de prospérité. Après le Gold Rush, le village a brûlé et il n’en reste que quelques maison… Notre hôte nous a emmené faire une petite visite des environs d’Atlin. À commencer par un superbe point de vue sur le lac, avec Therese Mountain au milieu de ses eaux, et le célèbre Llewellyn Glacier, l’un des plus grands glaciers du continent. Puis on est allé voir les Warm Springs (non, pas Hot Springs, c’est vraiment juste tiède et pas chaud) et une petite source cachée dans la forêt. Le soir nos hôtes nous ont fait un délicieux ragoût d’ours noir, c’était délicieux !
Jour 34 : 0 km (7 947.9 km) Après un bon déjeuner de pancakes, on s’est mis en route avec notre hôte, son chien et un autre couchsurfer, vers le McDonald Lake. On allait faire du canot/kayak ! On a mis les trois kayaks et la canot à l’eau dans le petit McDonald Lake, un petit lac entouré de montagnes aux flancs couverts de taïga et surtout de toundra. Et évidemment, il n’y avait personne à part nous ! En faisant le tour du lac, on a accosté pour aller visiter les restants d’une cabane du Gold Rush cachée là, dans la forêt. Elle était comme on se les imagine : des rondins très rustiques, l’isolation de mousses et de lichens entre les rondins, les cadres de fenêtres et de porte découpés directement dans les rondins et des vieux clous et vieilles cannes rouillées qui trainent à terre. De retour sur l’eau, on a fini notre tour du lac, glissant sur les eaux calmes du lac et profitant de la quiétude et du sentiment de liberté que cette belle nature sauvage nous inspirait. Au bout du lac, on a rejoint le Fourth of July Creek, qui devait nous mener au grand McDonald Lake. L’eau du creek coulait vite et était peu profonde avec des rochers partout, ça n’allait pas être facile ! Et en fin de compte on a tous fini à l’eau !! C’était rafraîchissant, mais pas trop, et on a bien rit ! Étant trempés, on a trainé nos petites embarcations à pieds à travers le creek jusqu’à ce que l’eau soit assez profonde pour réembarquer. On s’est encore bien amusés à descendre ce qui restait de la rivière et finalement on est arrivés au deuxième lac où on a accosté pour manger notre lunch autour d’un feu. Là, j’ai découvert que mon appareil photo avait bu la tasse dans le Fourth of July Creek ! Dommage, parce que la vue qu’on avait du lac sur les montagnes était magnifique ! Après le lunch on a traversé le lac qui était très agité par le vent. C’était bon de pagayer contre le vent, on se défoulait et surtout on se réchauffait bien. Et au bout, on a encore pu faire une descente de rivière avec des rapides peu profonds. C’était vraiment amusant de glisser si vite sur l’eau en essayant d’éviter les roches, le bois mort et de ne pas manquer les virages !!! Et cette fois-ci, je suis restée au sec dans mon kayak trempé ! Finalement, on a sorti nos kayaks de l’eau et on a marché 3 km sur le chemin, au son des « sloche-sloche » des bottes pleines d’eau, pour rejoindre la voiture. On était tous complètement mouillés et bien heureux !!
Dimanche 13 Novembre 2011Poster un commentaire
Samedi, le 6 août, Jour 23 : 417.1 km (5383.3 km) Le jour du départ des Rocheuses surpeuplées de touristes était enfin arrivé ! Sous un beau soleil matinal on a quitté Jasper, pour prendre la 16 vers l’ouest jusqu’à Prince George. J’allai enfin parcourir un bon bout de chemin me rapprochant du Yukon ! Et j’ai dépassé les 5 000 km depuis mon départ de l’Abitibi, sacré Bill !!!! Le premier arrêt de la journée a été au centre d’accueil du Mt Robson au BC. Avec ses 3 954 m d’altitude, c’est le plus haut sommet des Rocheuses canadiennes et évidemment, il fallait que le sommet soit voilé par des nuages ! Mais c’est assez courant il semble : dans le centre d’accueil il y avait un calendrier sur lequel ils notaient les journées où on a pu voir le sommet du Mt Robson. Et finalement, on était sur une route « normale » (l’Abitibi étant ma norme) qui traversait une large vallée peu peuplée. Il y avait des champs, des pâturages, de la forêt et quelques maisons, fermes et vieilles granges par-ci, par-là. Ça faisait du bien de se retrouver dans un tel endroit après la folie des Rocheuses ! En progressant à travers les montagnes et collines à l’ouest des Rocheuses, la végétation changeait, devenait plus humides. Il pleuvait et les nuages cachaient les montagnes alentours. Et là, on est arrivées à notre dernier arrêt avant Prince George : the Ancient Forest. Il s’agissait d’une forêt ancienne (~ 1000 à 2000 ans) de thuyas géants (western redcedar), un des plus beaux arbres qui soit, à mon avis. Avec la pluie et le brouillard, c’était l’atmosphère parfaite pour se plonger dans une forêt mystique. Dès qu’on y a pénétré, j’ai retrouvé tout l’émerveillement et l’admiration qu’inspire le thuya géant. Sous les thuyas majestueux poussaient des fougères géantes et le Devil’s club, formant un sous-bois dense et verdoyant. On marchait à travers des cercles d’arbres, comme les anneaux de champignons. Il y avait le Big Tree, le plus gros des thuyas, des chutes d’eau, des thuyas dont le tronc était couvert de poussière d’or et finalement il y avait Sylvebarbe lui-même ! C’était un gros et vieux thuya avec des branches épaisses poussant vers le ciel faisant penser à des bras et il y avait réellement un air de ressemblance avec ce fameux Sylvebarbe (Treebeard). C’était une belle promenade dans une forêt pour le moins magique et tout le long, les arbres nous parlaient (pour la preuve voyez les photos !) ! On ne le savait pas encore, mais la journée était loin d’être finie ! On est arrivées à Prince George en début de soirée et là, nos hôtes Val et Allan nous ont offert un accueil très chaleureux dans leur petite maison. Après le souper, Allan nous amené à son lieu de travail : une pulperie (usine de pâte à papier) qui en plus serait la deuxième plus grande au monde ! Allan nous a fait une visite guidée privée de toute l’usine, de la bande de triage des copeaux, au « digester », au centre de nettoyage et de blanchissage de la pulpe et finalement au centre de séchage et d’emballage. On a pu faire une bataille de boules de pulpe (c’est un peu comme de la sloche) et on a chacune eu notre échantillon du produit fini. Mais à la fin on était bien contente de sortir de la chaleur et de l’odeur insupportables d’une telle usine !
Jour 24 : 42.0 km (5425.3 km) Une journée relaxe chez nos hôtes à s’occuper de nos petites affaires (lessive, email, shopping, etc.). En allant faire du magasinage on a peu plus découvert la ville de Prince George. Une ville assez grande, industrielle à 200% et pas très belle. On aussi vécu l’expérience Costco avec les échantillons gratuits à chaque rayon et de la bouffe en quantités énormes ! Le soir, j’ai eu ma leçon de mécanique : avec Allan on a changé un frein sur Bill. Ça aura été très instructif !
Jour 25 : 391.7 km (5817.0 km) Sortir de la ville aura pris une demi-éternité, mais finalement on était à nouveau sur la 16 en direction de l’ouest, sur le « Highway of Tears ». Ils nomment le bout de la 16 entre Prince Rupert et Prince George ainsi parce que plus de 20 femmes voyageant sur le plus sur cette route auraient disparues et seulement 2 corps ont été retrouvés. Pas très rassurant… Il s’agirait d’un serial killer que la police croit à Edmonton maintenant. C’était une longue journée de route qui m’aura surtout appris qu’on peut se noyer en avalant de travers aussi (n’essayez jamais d’avaler de travers une grosse grosse gorgée d’eau, c’est vraiment pas drôle). En approchant Smithers, les paysages sont devenus plus beaux. Il y avait des montagnes couvertes de neige et de larges vallées dans lesquelles se mêlaient forêts, prés et champs, le tout décoré de belles vieilles granges et fermes colorées.
Jour 26 : 416.8 km (6233.8 km) La petite ville de Smithers avait été un peu décevante, mais de toute façon on n’avait pas le temps de s’attarder. On est donc repartie tôt le matin pour aller visiter les Twin Falls à la sortie de Smithers : de chutes d’eau fines, mais tombant du haut de la montagne. En continuant sur la 16 vers l’ouest, on longeait de belles montagnes couvertes de glaciers aussi. Peu après Smithers, on s’est arrêtées à Morcietown. Là dans le beau Moricetown Canyon, des autochtones pêchaient le saumon. Ils étaient installés sur des rochers au-dessus de petites chutes sur la Bulkley River et pêchaient les saumons, qui remontaient la rivière et sautaient à cet endroit, à l’aide d’épuisettes. Les saumons sautaient vraiment à plusieurs mètres et quel travail de les pêcher ! L’arrêt suivant a été les Hazeltons, Old Hazelton pour être précise. Une belle et ancienne ville avec de nombreux vieux bâtiments en bois, un vieux bateau transformé en galerie d’art et des totems (les Hazeltons sont célèbres pour ça). Un bel endroit et quelle chaleur ! Après Old Hazelton, la route nous a menées à travers d’autres petits villages, puis la ville de Terrace et ensuite le paysage a changé. La rivière s’élargissait pour finalement devenir un fjord que la route longeait. C’était superbe ! Et l’air salé de la mer, et la forêt pluvieuse ! Les pêcheurs de saumon (à la mouche) étaient nombreux dans la rivière. On était sur la côte ! À Port Edward le camping était décevant, à Prince Rupert le camping appartenait à un vieux %#*!~ de Chinois. Fâchées, on est retournées à notre petit camping trop serré de Port Edward. Dans la soirée on a aussi appris qu’il serait impossible pour nous d’aller voir les baleines, bref on avait fait près de 200 km vers la cote pour rien !
Jour 27 : 260.1 km (6493.9 km) On a très vite laissé nos malheurs et la grisaille de Prince Rupert derrière nous pour retrouver le fjord de la Skeena sous un magnifique soleil ! Et aujourd’hui pour la première fois j’ai pu relaxer et pleinement profiter des paysages : Nynke conduisait Bill ! À Terrace on a bifurqué sur la 113 vers le nord, le Nisga’a Highway qui nous mènerait au parc provincial du même nom. La route était belle et vide de monde et nous plongeait de plus en plus dans un paysage sauvage de forêts, de montagnes, de falaises et de lacs. Et soudain, la route a cessé de serpenter entre lac et falaise, le paysage s’est ouvert sur une vaste vallée couverte de lave et la route passait à travers le champ de lave ! La lave était brune et c’était comme si on était de fourmis dans un champ fraîchement labouré. On s’est installées dans le beau camping du parc au milieu d’une belle et calme forêt de cottonwood. En montant la tente rafistolée avec un petit bout de tuyau acheté chez Canadian Tire à Terrace, la deuxième pole s’est brisée aussi. Heureusement, on a mis du Duck Tape à temps ! C’était le seul malheur de la journée, on donc pu relaxer, profiter du pimbina et des thimbleberries qui poussaient partout. Ah, et aujourd’hui un pygargue à tête blanche nous avait survolé et un gros ours noir s’est tranquillement promené sur la route !
Jour 28 : 219.1 km (6713.0 km) De retour dans le champ de lave, on s’est rendues aux Vetter Falls, non loin de la route. C’était un petit coin de paradis ! Les chutes, pas très hautes se déversaient dans un petit lac, un élargissement de la rivière, au milieu d’une magnifique forêt. L’eau était limpide et renvoyait des reflets sur les grosses racines des arbres bordant le lac, les feuilles de thuya scintillaient dans la lumière et le calme était absolu ! J’aurais pu rester là durant des heures et des heures encore ! Audacieuses que nous sommes, on a pris un raccourci vers le nord pour rejoindre le Stewart Cassiar Highway sans repasser par Terrace (détour de 200 km au moins). Évidemment il y a toujours un hic avec les raccourcis, 50 km de très mauvaise gravelle nous attendaient ! En cours de route on a croisé un gars avec un beau pickup et d’épais pneus en train de changer un flat, encourageant… Mais tout allait bien pour nous, jusqu'à 5 km de la fin ! À 5 maudits km de la fin de cette route nous aussi on a eu notre flat. Le changement s’est fait dans la poussière et en moins d’une heure on a pu reprendre la route. Enfin on est arrivées à Cranberry Junction et on a pu prendre la 37, le Stewart Cassiar Highway vers le nord. La route était belle et au loin se montrait déjà la promesse de ce bel endroit… Juste avant Meziadin Junction, un ours noir s’est pavané devant nous sur la route en mâchouillant son bout de feuille, le temps pour nous de prendre plein de belles photos ! À la jonction on a bifurqué sur la 37A vers l’ouest, vers Stewart. La 37A cheminait à travers une profonde vallée et de part et d’autre se dressaient de superbes montagnes couvertes de glaciers. Les glaciers étaient blancs et bleus et si proches et si nombreux !! Il y avait de nombreuses chutes et les montagnes étaient couvertes d’arbres et de verdure. C’était absolument magnifique ! Et finalement est apparu le célèbre Bear Glacier se déversant dans le Bear Lake juste au bord du highway. C’est ici que le film Insomnia de Christopher Nolan a été tourné. Ils avaient même construit une cabane dans le Bear Lake.
Jour 29 : 83.3 km (6796.3 km) Après avoir passé la soirée et la nuit précédente sous la pluie incessante de la côte ouest, le soleil est sorti. Contre toute attente on allait avoir une belle journée ! Quoi que plutôt rustique, Stewart s’est avéré être une petite ville très charmante et colorée. Les gens y étaient simples, sympathiques et on en pouvait que se sentir chez soi. Au bout de la route qui longe le fjord de Stewart, se trouve l’Alaska, Hyder (« The friendliest ghost town in Alaska ») pour être précise. Et la beauté de la chose ? Pas de douanes américaines !!!!!!!!! Le petit village de Hyder était exactement comme on pourrait s’imaginer un village de l’Alaska : coincé entre mer et montagnes, entouré de denses forêts de conifères, constitué de 2 ou 3 rues dont la rue principale est à peine asphaltée et des vieux bâtiments en bois dispersés un peu partout, multicolores, décrépits et dont la moitié est abandonnée. Et puis il y avait les vieux véhicules rouillés pour décorer la broussaille entre ces bâtiments. Et j’ai trouvé ça charmant ! Chaque maison avait toute son originalité et une histoire à raconter. Il y avait le célèbre Glacier Inn, the bar where you get hyderized ! Un vieux bus avait été transformé en resto de fruits de mer et dans le bâtiment à coté on pouvait en acheter des fruits de mer et du poisson frais. A la sortie de Hyder, on pénètre dans la Tongrass National Forest où se trouve le Fish Creek Wildlife Observatory. Mais ça, on y reviendra plus tard… On a continué à suivre la route en sortant de Hyder. La route qui au début longeait la rivière dans le fond d’une belle vallée, s’est mise à grimper et à grimper et là, un panneau nous annonçait la bienvenue au Canada et au BC, et une fois de plus, pas de douanes, merveilleux et surréaliste !!! La route de gravelle continuait à grimper sur le flanc des montagnes et derrière un tournant et enfin apparu ce qu’on était venues voir : le Salmon Glacier !! On a toutes les trois lâchées un cri, puis on est restées bouche-bées, puis on a arrêté Bill et on est sorties en criant avec nos appareils photos pour se précipiter vers le bord de la route. Le glacier était énorme, spectaculaire et tellement, tellement proche !!!! Il était là, juste sous nos pieds, dans le fond de la vallée le long de laquelle la route grimpait. Le glacier était bleu et blanc et craquelé et des rayures indiquaient le sens de déplacement de ce glacier énorme qui se déversait d’entre des sommets blancs étincelants, et ce n’était qu’un bout de la bête ! De la route on avait une vue sur ce colosse spectaculaire, comme si on le survolait en hélicoptère. Quelle expérience de voir cette merveille de glace dans toute sa gloire et sa splendeur !! La route a continué à grimper et finalement on pouvait voir le glacier tout en entier. Et on était juste au dessus !! C’était tellement beau, incroyable, irréel, quelque chose qu’on a juste l’habitude de voir dans les documentaires. Et nous, on était là… Rien qu’à y repenser, j’en ai la chair de poule ! Malheureusement, on a du quitter ce merveilleux endroit (quoi que certain personnes campaient là-haut, juste en face du glacier), d’autres choses nous attendaient en Alaska ! Bon en cours de route on a fait fumer les freins (une chance que je les ai changés !), mais on n’a pas fini dans le fond de la vallée avant d’y arriver par la route ! De retour à Fish Creek, dans la Tongrass Forest, AK, on s’est rendues à la passerelle d’observation… de quoi ? D’ours en train de pêcher du saumon ! On est allées là, armées de nos appareils photos et on a attendu, et attendu, et attendu… Au bout de deux longues heures dans le froid, les buissons ont bougé et un ours noir à poitrine blanche est apparu. Il s’est pavané devant la passerelle, attirant l’attention de tous les touristes, puis est allé disparaître dans les buissons au bord de la rivière, faisant suivre les touristes comme un troupeau de moutons dans un enclos. Et là, plus rien, puis un craquement : L’ours avait pêché à l’abri de nos regards et caméras et a tranquillement mangé le saumon dans les buissons !!! Au moins, j’ai pu admirer les saumons pendant deux heures… Merci l’ours !
Mercredi 19 Octobre 2011Poster un commentaire
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